| ESS : 50 propositions pour changer de cap |
|
|
|
| Ecosystèmes - Mouvements & Paradigmes |
| Écrit par Damien Roussat |
| Samedi, 23 Janvier 2010 10:53 |
|
Le 19 janvier dernier se tenait à la Maison des Métallos, centre culturel de la ville de Paris, les 11e Rencontres Paradoxales organisées par la Fraternelle, un regroupement d'organisations de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS), principalement autour du mouvement mutualiste, cherchant à féconder l'innovation sociale par la recherche transversale autour de pratiques communes et de ressources mutualisables. Un évènement d'autant plus intéressant qu'il réunissait des intervenants de qualité et d'horizons divers : Claude Alphandéry (Labo de l'ESS), Aurélie Trouvé (ATTAC), Michèle Boulègue (FONDA), Jean-Pierre Alix (CNRS-MURS), Clémentine Autain (Regards, fondation Copernic), Franck Chaumon (psychanalyste), Nadia Bellaoui (Ligue de l'Enseignement), Anne de Ramback (auteure) et enfin Daniel Le Scornet (Fraternelle). Pour appuyer ces débats, 50 propositions d'amélioration publiées par le Labo de l'ESS. (...)
Les interventions ont beaucoup ressassé l'importance de l'ESS, sa valeur par rapport à l'économie capitaliste, la richesse de ses fondements, de son histoire et de ses nobles buts, et, premier intérêt, l'importance de définir un projet politique au mouvement de manière plus générale, pour espérer lui donner un poids par rapport à son alter-ego, le capitalisme. Aurélie Trouvé, d'ATTAC, signalait également la complémentarité de l'ESS avec l'altermondialisme, et la force d'une complémentarité qui faisait un peu figure d'évidence.
Je salue l'initiative de la Fraternelle d'aller chercher l'approche transversale et l'étude du commun dans le pluriel, approche partagée par un mouvement naissant et similaire, que nous (je?) connaissons bien, mais sur l'aspect informatique et technologique, InformEthic.
En aparté de ce débat cependant, il était possible de consulter le rapport du Labo de l'ESS : "50 propositions pour changer le cap". Le cap, c'est le cap de la crise, et les propositions, ce sont celles d'un palmarès assez impressionnant d'acteurs issus tant de l'économie sociale, de l'économie solidaire, que de l'entrepreneuriat social (souvent distingué des deux précédents). Ce rapport, dirigé par Claude Alphandéry, était signé Laurent Fraisse et Tarik Ghezali.
Au programme, 50 propositions réparties en 12 sous-parties que je retranscris ici (et qui sont consultables en ligne) : 1) Pour un New Deal sur les politiques d'intérêt général : un Etat partenaire pour une action publique renouvelée, 2) Pour un Etat investisseur social, 3) Créer des emplois de qualité sans attendre le retour de la croissance, 4) Développer les coopérations sur les territoires entre acteurs d'une économie plurielle et solidaire, 5) Ouvrir la gouvernance des entreprises aux autres parties prenantes, 6) Evaluer les impacts sociaux et environnementaux des entreprises et favoriser les bonnes pratiques, 7) Développer une finance solidaire et responsable, 8) Faire émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs sociaux et solidaires, 9) Développer l'innovation sociale, 10) Développer et démocratiser la consommation responsable, 11) Favoriser la vigilance et la participation citoyennes dans le débat économique et social 12) Mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse au niveau territorial, national et européen.
Une seule conclusion : FAIRE MOUVEMENT.
Quelques questions ont permis de relancer les intervenants jusqu'à la fin. Des questions, qui paraissaient importantes, ne semblent pas avoir été posées : "Quelle collaboration escomptée avec l'économie classique, qui représente tant de millions de personnes, et le nombre de ravailleurs engagés qu'elle représente ? Quand l'économie sociale française prendra-t-elle son envol, au-delà des frontières françaises où elle se cantonne depuis le début malgré tout ? Des questions, difficiles, dont les réponses ne figurent pas parmi les 50 propositions.
|






